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Ma Campagne

En contact régulier avec le Burkina Faso depuis 1989, je suis séduit par l'ardeur des populations rurales et par la sobriété de leur quotidien, mais aussi impressionné par la précarité des conditions de vie. La vie en milieu rural sub-sahélien est une lutte perpétuelle. Les conditions climatiques sont extrêmement exigeantes pour la faune et la flore mais aussi pour les populations.

  • Une longue saison sèche (8 mois) avec un rayonnement solaire intense qui détruit la micro faune et la micro flore dans les couches de sol superficielle laissées sans protection.
  • Une courte saison des pluies, caractérisée par des averses irrégulières qui peuvent être très intenses (1 cm et plus en quelques minutes) entraînant une érosion très marquée des couches arables non protégées.

Au cours des années nonante, mon intérêt glisse petit à petit de l'amélioration de l'habitat, à celui de l'amélioration des conditions d'existence en milieu rural sub-sahélien. Après avoir initié 2 reboisements en 1996 (l'un à 20 km au Nord de Ouagadougou et l'autre 75 km au Sud) avec des amis burkinabés, je jette, en 1998, avec l'un d'eux (monsieur Kinda Doriva), les bases d'une exploitation agricole se voulant une vitrine d'activités permettant d'améliorer les conditions d'existence en milieu rural. Ainsi, nous construisons un premier bâtiment, valorisant les ressources locales (matériaux et savoir-faire) et commençons le parcellage d'un terrain de 5 hectares avec des haies vives et des diguettes.

Au cours des années qui suivent, nous acquérons 5 hectares de plus et poursuivons les aménagements. En 2004, plus de 5 km de haie vive ont été plantées en vue de produire du fourrage, du chaume, des fruits, du bois de feu, de stabiliser les diguettes et de délimiter une vingtaine de parcelles.

  • Trois parcelles accueillent un reboisement (arbres à croissance rapide: teck, niim, leucaena) afin de produire des perches et du bois de feu,
  • Deux parcelles couvrant 10% de la superficie sont laissées en friche perpétuelle,
  • Une parcelle est aménagée en jardin botanique pour recevoir des plantes devenues rares.
  • Les 14 parcelles restantes, alternes cultures et friches selon un plan de rotation. Deux de ces 14 parcelles ont été aménagées pour opérer une culture en couloir.

Les solutions permettant d'améliorer le quotidien en milieu rural sub-sahélien ne manquent pas. Ma Campagne en présente quelques unes.

  • Fosse fumière et toilettes à composter produisent de l'engrais pour entretenir la fertilité des champs.
  • Les diguettes, reboisements, haies vives et parcelles laissées en friche sont autant de protection contre l'érosion (pluie), l'assèchement (vent) et la " stérilisation" (soleil) du sol.
  • Les reboisements, l'apiculture et les pépinières fournissent des revenus.
  • Les perches et le chaume nécessaire à l'entretien des toitures sont produits sur place, de même que le bois de feu pour la cuisine et le fourrage pour le petit bétail.
  • Aménagement bio-climatique des lieux de vie (ventilation naturelle, ombrage, matériaux de construction aux propriétés thermiques adaptées).
  • Amélioration de la durabilité des constructions traditionnelles en introduisant fondation, soubassement et chaînage et en perfectionnant l'utilisation du chaume.

Une planification judicieuse des travaux permet d'optimiser les ressources disponibles. Exemple:

  • programmer hors calendrier des cultures les travaux qui ne nécessitent pas de pluie,
  • associer les reboisements et la plantation de haie vive aux cultures traditionnelles, afin que la surveillance et les travaux d'entretien de ces dernières profitent aux premières,
  • collecter des cailloux lorsqu'on se rend aux champs, qu'on en revient.

Il n'en demeure pas moins que les travaux d'aménagement requièrent un investissement physique important alors que les moyens logistiques à disposition sont des plus élémentaires.

Je remercie ici vivement et chaleureusement mes amis burkinabés qui ont participé à ces réalisations. A tout seigneur, tout honneur, mes remerciements vont en premier lieu à monsieur Kinda Doriva, qui s'investit avec enthousiasme dans ce projet. Je pense en particulier aussi à mesdames Franceline Silga et Angèle Belem qui assurent mon intendance lorsque je suis sur place. Je ne saurais oublier messieurs Arsène Kinda et Robert Belem qui ne manquent pas à l'appel lorsqu'il s'agit de donner un coup de main logistique. Sans les nommer, je remercie enfin tout ceux qui par leur travail, leur amitié, leurs encouragement ont apporté leur contribution à la création de Ma Campagne.

Webmaster: mklein@tradudoc.com

 

Illustrations et commentaires


Fondation


Fondation


Soubassement


Soubassement


Charpente & chaînage


Chaume


Chaume

Constructions

Fondations

L'absence de fondation constitue une des principales faiblesses des bâtiments ruraux. Ce sont généralement des constructions de dimension modeste. Une fondation simple (tranchées de 30 x 30 cm remplies d'un béton cyclopéen et parcourue par une fer à béton de 8 mm) surmonté d'un soubassement de 30 cm (pierres maçonnées ou béton cyclopéen) constitue une assiste stable et durable pour les cases, cuisines et autres constructions sans étages.

Chaînage

Autre élément indispensable à la stabilité du bâtiment: le chaînage. Un chaînage empêche les angles de s'ouvrir et contribue ainsi à la pérennité d'une construction. Si le bâtiment est judicieusement conçu, le chaînage sert en même temp de linteau, au niveau des portes et fenêtres, et d'appui pour les chevrons. A Ma Campagne, nous avons même développé une technique qui permet de réaliser un chaînage sans coffrage (aussi pour des murs minces.
Pour le chaînage comme pour les fondations, il faut veiller à utiliser un maximum de cailloux en remplissage. Ceci diminue la quantité de béton et donc de ciment nécessaires. En milieu rural, le sable, le gravier et les cailloux étant gratuits pour qui veut aller les ramasser, la réalisation d'une fondation et d'un chaînage en béton n'est pas si onéreuse qu'on pourrait le croire.

Charpente

Les perches produites dans des reboisements ruraux conviennent parfaitement pour réaliser des charpentes destinées à être recouvertes de chaume. Les perches en teck sont bien droites, durables et disponibles en longueur de 4 à 5 m. Celles en niim sont également durables, mais il est difficile d'obtenir des longueurs supérieures à 3 m et bien droites. L'eucalyptus est également rectiligne et disponible en longueur supérieure à 4 m, il est moins cher, mais aussi moins durable. Sur les principaux bâtiments de Ma Campagne, nous avons opté pour une combinaison de perches en teck, durables, rectilignes et longues, pour les éléments porteurs de la charpente et en niim, durables mais moins rectilignes et moins longues, pour les éléments secondaires.

Couverture

En milieu rural, le chaume est le matériau de couverture par excellence. Produit sur place et faisant appel à un savoir faire local, la réalisation de couvertures en chaume contribue à alimenter des flux économiques locaux. Dans le cadre d'une utilisation locale, la production de chaume ne génère de pollution, ni lors de sa production, ni lors de son transport, ni lors de son recyclage. Contrairement à la tôle ondulée, le chaume est un bon isolant thermique et phonique, qualités appréciables en climat sub-sahélien.
D'aucun lui reproche sont manque de durabilité, sachant que la durée de vie d'une toiture en chaume "classique" en région sub-sahélienne est de 2 à 4 ans. Nous sommes persuadés qu'une mise en oeuvre prenant correctement en compte les spécificités du matériaux permettraient de multiplier par 5 la durée de vie (dépassement court des têtes de tige pour limiter les longueurs libres soumises aux UV, forte pente pour limiter la profondeur de mouillage de la couverture, bonne ventilation pour un séchage rapide, barrières empêchant la remontée des termites jusqu'au niveau de la couverture).
Le seul réel inconvénient de la chaume, mais il est de taille, c'est son inflammabilité. Il est donc indispensable de prévoir des mesures de protection (réserves d'eau à proximité pour éteindre tout début d'incendie, pas de source de feu à proximité, généreux pare-feu).


Apiculture


Savonnerie


Faux plafond en nattes

Artisanat rural générateur de revenus

Les 3 activités évoquées ici sont pratiquées à Ma Campagne. Valrorisant des matières premières et savoirs-faire locaux, elles procurent des revenus permettant d'améliorer le quotidien. Le développement de l'artisanat rural est indispensable à l'essor de flux financiers en faveur du monde rural.

Apiculture

L'apiculture est une activité rural complémentaire idéale. L'apiculteur dispose de beaucoup de liberté pour programmer ses interventions. Le pic de travail se situe en saison sèche, précisément lorsque les activités champêtres sont au point mort. Le miel est un produit culturellement apprécier dans de nombreuses contrées et la demande est généralement supérieure à l'offre. De plus ce produit se conserve facilement. Le passage de l'apiculture traditionnelle à l'apiculture moderne permet d'augmenter le rendement des ruches et la qualité du miel. Ce passage peut s'opérer facilement, car le capital nécessaire (achat d'une ruche et du petit équipement) est à la portée du plus grand nombre. Outre de générer des revenus, cette activité procure au producteur un aliment qu'il peut consommer par plaisir ou comme médicament, les pharmacopées traditionnelles y ayant fréquemment recours.

Savon

Les avantages relatif à la production de savon sont très proches de ceux relatifs à la production de miel. Le fabricant ne doit pas investir dans une logistique onéreuse, il dispose de beaucoup de liberté pour organiser son calendrier de production, le produit se conserve facilement (surtout dans les régions sèches) et son usage est répandu. La qualité du produit fini dépendant de la qualité des matières grasses utilisées, le producteur doit bien maîtriser son approvisionnement en matières premières. C'est ici que réside le principal défi de cette activité. La qualité est d'autant plus importante que la concurrence est forte.

Nattes

La confection de nattes en paille est également une activité artisanale susceptible de procurer des revenus. Plusieurs variétés de pailles sont utilisées. Surexploitées dans certaines régions, elles deviennent rares et il est nécessaire de parcourir de longues distances pour se les procurer. Plantées sur les diguettes ou juste en amont ou en aval, elles stabilisent ces dernières et sont alors disponibles sur ses propres champs.

 


diguette


haies vives


tranchée iriguée pour haie vive


plantation d'une haie vive


plantation d'un reboisement


pépinière

Aménagements agroforestiers

Diguettes

La réalisation de diguettes permet de ralentir le ruissellement superficiel. Les conséquences sont une réduction de l'érosion de la couche arable et une meilleure pénétration de la pluie dans le sol (réalimentation de la nappe phréatique et réserve d'humidité supérieure dans la couche superficielle qui permet d'encaisser de plus longs intervalles entre 2 pluies).

Haies vives

La plantation de haies vives coupe le vent tout en produisant de l'ombrage, ce qui réduit l'assèchement du sol. Selon les essences utilisées, la haie vive fournira en plus du fourrage, des fruits, du chaume et/ou du bois de feu. L'utilisation d'épineux permet aussi de lutter contre la divagation du bétail. La réalisation d'une haie vive implique la plantation d'un grand nombre de plans et donc la préparation d'une pépinière conséquente. Une autre solution consiste à planter directement les graines dans une tranchée. Lorsque la saison sèche dépasse 6 à 7 mois, il est alors nécessaire de prévoir une irrigation de la tranchée pendant la première saison sèche, car les jeunes pousses ne sont pas suffisamment résistantes.

La combinaison d'une haie vive et d'une diguette offre plusieurs avantages. La haie vive protège la diguette et l'effet de la diguette sur l'humidité du sol est favorable à la haie vive.

Reboisement

Acquérir une petite portion de terre pour y réaliser un reboisement est judicieux à plus d'un titre. Qu'il s'agisse de bois de feu pour la cuisine, de perches pour la construction ou de fourrage pour le petit bétail, créer son propre reboisement évite de devoir consacrer argent, temps et énergie à l'acquisition de ces ressources. Si le reboisement est suffisamment important, le propriétaire peut en tirer des revenus en vendant une partie de la production.
A Ma campagne, nous avons testé avec succès les essences suivantes, niim, teck, acacia albida, cassia siamea, eucalyptus, leucaena leucocéphala.

Pépinières

Le villageois qui désire créer un reboisement ou réaliser des haies vives peut bien sûr acheter les plants dont il a besoin, mais cela peut vite conduire à des dépenses dépassant les possibilités budgétaires de l'intéressé. Il est beaucoup plus économique d'acheter les graines et de produire soit même ses plants en pépinières. Il existe dans les grandes villes des centres de vulgarisation, ainsi que des brochures qui permettent de s'informer sur les traitements à faire subir aux graines, ainsi que sur la conduite d'une pépinière. Cette activité peut par ailleurs également générer des revenus via la vente de plants excédentaires ou produits spécialement à cet effet.

 

 

 

 

 


module de toilette à composter (gauche) et douche (droite)


siège à 2 compartiments pour toilette à composter


Récupération de l'urine (arrière) et de l'eau de la douche (avant)


bouli

Aménagements divers

Toilette à composter

Utiliser judicieusement les excréments humains et l'urine tout en solutionnant proprement la question des toilettes, voilà les avantages de la toilette à composter.
L'urine et le composte de matières fécales constituent des engrais particulièrement riches et adaptés. L'utilisation des excréments compostés agit aussi sur la fertilité des sols en améliorant leur structure.

Le principe consiste à séparer urines et excréments. L'urine conduite dans un bidon et les excréments se décomposant sur un composte, les nuisances dues aux mauvaises odeurs disparaissent.

Pour opérer la séparation, différentes options sont possibles. La plus confortable est celle d'un siège à 2 compartiments. Le compartiment avant collecte l'urine et la dirige vers un bidon. Le compartiment arrière débouche, lui, directement dans une fosse (voir illustration du modèle réalisé pas M. Kinda Doriva). La variante plus rustique consiste en un siège surmontant une boite amovible récupérant les excréments, alors que l'urine est collectée dans un récipient (par exemple boite en plastique) avec d'être versée dans un bidon. Les excréments récupérés dans la boîte amovible sont déversés sur un tas de compost à proximité de la toilette.

Ce sont des bactéries qui assurent la transformation des excréments en matières organiques utilisables par les végétaux. Pour que les bactéries se développent de façon optimale, il faut qu'elles puissent respirer et que l'humidité (40 à 50%) et la composition de leur "nourriture" leur conviennent. Ainsi, après chaque passage sur le siège, il faut jeter quelques poignées de sciure, de paille ou autre matériaux végétal. L'ajout de ces matériaux permet d'éviter la formation d'un tas compact dans lequel l'air ne sait pas circuler, il équilibre la composition des excréments dont la teneur en azote est trop importante par rapport à leur teneur en carbone et il favorise la migration de l'humidité de façon à obtenir un taux relativement homogène dans tout le tas. Bien digéré et mûri (12 à 18 mois), les excréments ont été transformés en engrais de qualité. La quantité de selles produites annuellement par un adulte permet de produire suffisamment de composte pour une culture intensive (p. ex.: maraîchage) sur une surface de l'ordre de 100 m2.

L'urine diluée dans un rapport de 1:5 à 1:10 est un engrais liquide complet, riche en azote. C'est un complément idéal au composte de matières fécales.

Fosse fumière

Valoriser les déchets végétaux, en les transformant en engrais, tel est la fonction d'une fosse fumière. Feuilles, pailles, chaume déclassé, cendres, brindilles et branchage sont autant de matériaux qui peuvent être collectés pour être transformé en fumier et contribuer à l'amélioration de la fertilité des champs.

Bouli

Anciennement, les populations s'organisaient pour creuser et entretenir un bouli villageois afin de constituer une mare pour stocker l'eau des pluies. Cette pratique est en voie de disparition mais peut être reprise au niveau familial dans le cadre de concessions isolées. C'est ce que nous avons fait à Ma Campagne. Au point bas de la propriété, nous avons déterminé une zone d'où nous extrayons la terre qui nous sert à produire les briques utilisées pour les constructions.